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Ressources et réserves d’or : lire un rapport KCMI ou JORC

Comment lire les catégories d’un rapport aurifère KCMI ou JORC, ce que signe une personne compétente et quels signaux d’alerte appellent des vérifications.

5 min de lecture

Un projet aurifère se valorise sur un seul chiffre : la quantité d’or qui se trouve dans le sol, et le degré de certitude que l’on peut en avoir. Les codes de déclaration existent pour que ce chiffre ait le même sens dans tous les rapports. L’Indonésie a le code KCMI et l’Australasie le code JORC. Tous deux suivent un même modèle international, si bien que leurs catégories correspondent.

Le risque d’une opération aurifère se situe souvent dans l’écart entre ce qu’un vendeur appelle un gisement et ce qu’un code permettrait d’appeler une ressource. Lire correctement la catégorie passe avant toute discussion de prix.

Des échantillons aux réserves

Les résultats d’exploration sont la preuve brute : échantillons d’affleurement, analyses de sondages, géochimie et levés géophysiques. À ce stade, un rapport ne peut attribuer ni tonnage ni teneur moyenne à la minéralisation. La seule exception est la cible d’exploration. Elle doit être exprimée sous forme de fourchette de tonnes et de fourchette de teneur, elle doit préciser que les chiffres sont conceptuels et elle ne peut pas employer les mots ressource ou réserve.

Une ressource minérale est de l’or échantillonné d’assez près pour être estimé, avec des perspectives raisonnables d’extraction économique à terme. Ce n’est pas chaque gramme que le forage a recoupé. Le code KCMI indique que, pour la plupart des gisements d’or, « à terme » signifie normalement 10 à 15 ans, et souvent moins.

Une réserve minérale est la partie d’une ressource qui peut être exploitée de façon économique une fois les facteurs de modification appliqués : facteurs miniers, de traitement, métallurgiques, d’infrastructures, économiques, commerciaux, juridiques, environnementaux, sociaux et gouvernementaux. Les réserves se répartissent en deux catégories, probables et prouvées (certains rapports disent « avérées »), et elles doivent reposer au minimum sur une étude de préfaisabilité.

CatégorieSur quoi elle reposeCe qu’elle peut soutenir
Ressource présuméeÉchantillonnage limité ; continuité supposée mais non vérifiéeDavantage de forages. Elle ne peut pas devenir une réserve tant que des forages ne l’ont pas fait passer dans une catégorie supérieure
Ressource indiquéeAssez de données pour supposer la continuité entre les échantillonsLa planification de la mine et une réserve probable
Ressource mesuréeDes données détaillées qui confirment la continuitéLa planification détaillée de la mine et une réserve prouvée ou probable
Réserve probableUne ressource indiquée (parfois mesurée), avec une certaine incertitude sur les facteurs de modificationUne décision de mise en valeur du gisement
Réserve prouvéeUne ressource mesurée, avec une grande confiance dans les facteurs de modificationLe plus haut niveau de confiance que permettent les codes

Le code indonésien et ses personnes compétentes

Le code KCMI (Kode KCMI) est établi par un comité mixte de l’Association indonésienne des géologues (IAGI) et de l’Association indonésienne des professionnels des mines (PERHAPI). La première édition a paru en septembre 2011. L’édition de 2017 est entrée en vigueur le 1er novembre 2017 et est devenue obligatoire le 1er novembre 2019. L’Indonésie a rejoint le Comité pour les normes internationales de déclaration des réserves minérales (CRIRSCO), qui tient à jour le modèle commun, en octobre 2017.

Chaque chiffre d’un rapport conforme au code doit reposer sur une documentation qu’une personne compétente (Competent Person Indonesia, CPI) a préparée ou supervisée, puis signée. Une CPI est inscrite auprès de l’IAGI ou de la PERHAPI, ou appartient à un organisme professionnel que le comité reconnaît, et cet organisme peut la suspendre ou l’exclure. Le code exige au moins 5 ans d’expérience pertinente pour le type de gisement et pour le travail réalisé. Son propre exemple indique que l’estimation des réserves d’or alluvionnaire demande probablement au moins 5 ans d’expérience de l’or alluvionnaire, en raison du comportement de l’or dans les sédiments fluviaux et des faibles teneurs en jeu (voir l’or alluvionnaire).

Un rapport conforme au code nomme sa CPI, indique si cette personne travaille pour la société et comporte son consentement écrit. Le ministère de l’Énergie s’appuie sur la même profession. Un arrêté ministériel de 2018 a fait de la validation du bilan des réserves par une personne compétente l’une des conditions d’approbation du plan de travail et du budget d’un titulaire de permis (Rencana Kerja dan Anggaran Biaya, RKAB).

Le lien entre KCMI et JORC

L’essentiel du code KCMI a été repris de l’édition 2004 du JORC, puis aligné sur le modèle CRIRSCO de 2013. Les définitions et les catégories correspondent, de sorte qu’un rapport JORC sur un projet indonésien se lit de la même façon. L’édition 2012 du JORC était encore celle en usage en 2026. Une version révisée du code JORC a été soumise à consultation publique en 2024 et était encore en cours de finalisation en août 2026 : vérifiez donc quelle édition suit un rapport.

Un piège tient au rapport rédigé pour l’administration. Un rapport d’exploration déposé auprès du ministère peut énumérer toute la minéralisation trouvée, y compris de la matière sans perspective raisonnable d’exploitation. Le code KCMI précise que de tels chiffres ne constituent ni des ressources ni des réserves. Un chiffre de ressources tiré d’un rapport réglementaire et un chiffre issu d’un rapport conforme au code peuvent être très différents.

Signaux d’alerte dans un rapport aurifère

Le comité à l’origine du code KCMI a cité la fraude aurifère de Busang, au Kalimantan, comme une leçon. La plupart des rapports faibles sont moins spectaculaires, et ils partagent quelques signes :

  • Aucune personne compétente nommée, aucun consentement écrit, ou une personne compétente dont l’expérience porte sur un autre type de gisement.
  • Des tonnes et des teneurs sans catégorie de ressources, ou un tonnage « potentiel » sans rapport derrière.
  • Des teneurs mises en avant, tirées de quelques échantillons ponctuels, éclats de roche ou concentrés recueillis à la batée. Le code juge inacceptables les analyses isolées et les échantillons de surface choisis, déclarés sans contexte.
  • Une réserve sans étude de préfaisabilité ni de faisabilité, ou qui compte de la matière présumée.
  • Une ancienne estimation fondée sur un prix de l’or, des coûts ou une teneur de coupure qui ne tiennent plus.
  • Des forages trop espacés pour la catégorie revendiquée, ou une ressource étirée bien au-delà du dernier forage.

Avant de vous fier à un chiffre

Demandez le rapport complet avec son Tableau 1, la liste de contrôle du code sur la manière dont les échantillons ont été prélevés, analysés et vérifiés. Un résumé ou une présentation ne peuvent pas être vérifiés.

Vérifiez vous-même l’inscription de la personne compétente auprès de l’IAGI ou de la PERHAPI, et demandez si elle s’est rendue sur le site.

Demandez les données de contrôle qualité : les étalons, les blancs, les duplicata et les vérifications par un laboratoire externe que couvre le Tableau 1. Un rapport qui ne peut pas les montrer n’a pas mérité sa catégorie.

Faites examiner l’estimation par votre propre personne compétente, avec une visite du site et, lorsque l’enjeu le justifie, quelques forages jumelés. Vérifiez que la ressource se situe à l’intérieur d’un périmètre de permis valide, comme l’expose investir dans un permis minier aurifère. Si l’opération prévoit des paiements par étapes, comme le fait souvent un earn-in ou une coentreprise, liez chaque paiement à une catégorie atteinte dans un rapport conforme au code.

Informations générales, et non un conseil juridique, fiscal ou en investissement. Les règles changent : vérifiez la réglementation en vigueur auprès d’un notaire ou d’un avocat avant d’agir.